Jour 8/31Publié le 21 juin 2026
De la faiblesse à la lumière
Le vocabulaire biblique : grâce, puissance, dépouillement, résurrection
Par A. R. Keba Keba
Passage biblique
"Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé."
(Romains 5, 20)
"Lui qui était de condition divine... s'est dépouillé lui-même, prenant une
forme de serviteur."
(Philippiens 2, 6-7)
Texte d'enseignement
Le monde dit : « rebondir », « résilience », « transformer ses points faibles
en points forts ». L'Écriture dit autre chose, avec ses propres mots, qui sont
autant de fenêtres sur le mystère. Reformulons le thème dans la langue de la
Bible.
La grâce (charis). Tout commence ici. La grâce est la faveur imméritée, le
don fait précisément à celui qui n'y a pas droit. Elle « surabonde là où le
péché a abondé ». Notre thème pourrait s'énoncer ainsi : la grâce ne contourne
pas nos ruines, elle bâtit dedans. Ce n'est pas un contournement : c'est une
habitation.
La puissance dans la faiblesse (dynamis en astheneia). Formule paradoxale de
2 Corinthiens 12, 9, cœur théologique du livre. Le verbe grec employé (la
puissance « s'accomplit », « atteint sa perfection ») est saisissant : la
faiblesse n'est pas un obstacle que la puissance surmonte, elle est le milieu
où la puissance atteint son but. La faiblesse n'est pas le problème : c'est
la solution.
Le dépouillement (kénose). « Lui qui était de condition divine... s'est
dépouillé lui-même. » Le Fils de Dieu a librement épousé la faiblesse. Dès
ors, nos propres dépouillements (subis ou consentis) peuvent devenir conformité
au Christ, communion à son abaissement qui débouche sur l'exaltation : « c'est
pourquoi Dieu l'a souverainement élevé. »
Mort et résurrection. La catégorie centrale. Tout échec véritablement traversé
avec le Christ est une participation à sa mort, qui porte en germe une
participation à sa résurrection : « Nous portons toujours dans notre corps la
mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps. »
La nouvelle création (kainè ktisis). « Si quelqu'un est en Christ, il est une
nouvelle création : les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses
sont devenues nouvelles. » Dieu ne répare pas l'ancien : il crée du neuf à
partir de rien, et nos faillites sont précisément ce « rien », ce tohu-bohu
sur lequel l'Esprit plane comme au premier matin.
Le relèvement. Le verbe grec de la résurrection est aussi celui des
relèvements quotidiens de Jésus : il « releva » la belle-mère de Pierre, la
fille de Jaïrus, le paralytique. « Le juste tombe sept fois, et il se relève. »
Le chrétien n'est pas celui qui ne tombe pas, mais celui qui se laisse relever.
Le rachat (rédemption). Racheter, c'est reprendre possession à grand prix de
ce qui était perdu. Dieu rachète non seulement les personnes, mais les
histoires : « Je vous remplacerai les années qu'ont dévorées la sauterelle. »
Rien n'est définitivement perdu pour celui qui se remet au Rédempteur, même
les années dévorées.
Application pour aujourd'hui
Choisissez un seul mot de ce vocabulaire qui vous parle aujourd'hui : grâce,
puissance, dépouillement, résurrection, nouvelle création, relèvement, rachat.
Écrivez-le en grand sur un papier. Puis écrivez en dessous ce que ce mot
signifie dans votre vie actuelle. Par exemple : « Grâce = je ne mérite pas
d'être aimé, et pourtant je le suis. » Ou : « Relèvement = je suis tombé
encore hier, et je me relève aujourd'hui. » Gardez ce papier sur vous toute
la journée. Relisez-le à midi, et ce soir avant de dormir. Laissez un mot
de Dieu devenir votre mot du jour.
Prière
Seigneur, les mots du monde sont trop petits pour mon mystère. « Résilience »
ne dit pas ce que tu fais. « Rebondir » ne dit pas qui tu es. Apprends-moi
le vocabulaire de la grâce, de la kénose, de la nouvelle création. Je veux
apprendre à nommer ma vie avec tes mots, pas avec les miens. Car quand je
parle comme toi, je commence à voir comme toi. Amen.
