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Jour 15/31Publié le 28 juin 2026

De la faiblesse à la lumière

L'aveugle-né : afin que les œuvres de Dieu soient manifestées

Par A. R. Keba Keba

Passage biblique

« Ses disciples lui demandèrent : Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle ? Jésus répondit : Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché ; mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. » (Jean 9, 2-3) « Il répondit : S'il est un pécheur, je ne sais ; je sais une chose, c'est que j'étais aveugle et que maintenant je vois. » (Jean 9, 25)

Texte d'enseignement

La question des disciples est la question de tous les temps : à qui la faute ? Le handicap appelle, semble-t-il, un coupable. Jésus brise net cette logique comptable : « ni lui, ni ses parents. » Puis il retourne entièrement la perspective : la cécité de cet homme n'est pas la trace d'un péché passé, elle est l'espace d'une œuvre à venir. Jésus ne regarde pas le handicap vers l'amont (qui l'a causé ?) mais vers l'aval (qu'est-ce que Dieu va en faire ?). C'est une révolution du regard : la limite cesse d'être une énigme à expliquer pour devenir un lieu à visiter par Dieu. Le récit déploie ensuite une ironie magistrale : à mesure que l'aveugle guéri voit de mieux en mieux, physiquement d'abord, puis spirituellement (Jésus est « un homme », puis « un prophète », puis un envoyé de Dieu, enfin « Seigneur, je crois »), les voyants officiels, les pharisiens, s'enfoncent dans l'aveuglement. Le chapitre s'achève sur la sentence : « Si vous étiez aveugles, vous n'auriez pas de péché. Mais maintenant vous dites : Nous voyons ; c'est pour cela que votre péché subsiste. » L'aveu de la cécité est le commencement de la vue ; la prétention de voir est la pire des cécités. Le personnage : le mendiant devenu confesseur. Regardez ce que devient cet homme : mendiant anonyme au bord du chemin, il devient le témoin le plus solide du quatrième évangile. Interrogé, intimidé, menacé par les autorités, abandonné par ses propres parents, il tient avec une parole inattaquable : « Je sais une chose : j'étais aveugle, et maintenant je vois. » On peut discuter une doctrine ; on ne discute pas une vie changée. Exclu de la synagogue, il est trouvé par Jésus, première personne dans cet évangile devant qui Jésus déclare ouvertement être le Fils de l'homme. Son handicap a été la porte par laquelle il est entré plus loin que tous les bien-voyants. Sa cécité de naissance est devenue sa lettre de créance.

Application pour aujourd'hui

Si vous portez un handicap, une maladie chronique, une limite définitive : ce passage ne promet pas que tout sera effacé ici-bas ; il promet que rien de cela n'est un verdict ni une malédiction, et que ce lieu-là peut devenir le théâtre d'une œuvre de Dieu, dans votre vie et à travers elle. Question d'examen : ma limite m'a-t-elle rendu amer ou témoin ? Exercice concret : formulez votre témoignage en une phrase sur le modèle du verset 25 : « J'étais ___, et maintenant ___. » Et si vous êtes bien-portant : repérez « l'homme au bord du chemin » que tout le monde enjambe dans votre entourage, Jésus, lui, s'est arrêté. Arrêtez-vous aujourd'hui pour quelqu'un que tout le monde traverse sans le voir.

Prière

Jésus, lumière du monde, tu as vu celui que tout le monde traversait sans le voir. Vois-moi avec mes limites que je ne comprends pas. Je renonce à chercher des coupables ; je te demande de manifester ton œuvre exactement là où je suis diminué. Donne-moi la parole du témoin : j'étais aveugle, et maintenant je vois. Et garde-moi de la pire cécité, celle qui croit voir. Amen.