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Jour 17/31Publié le 30 juin 2026

De la faiblesse à la lumière

Paul : l'écharde dans la chair et la grâce suffisante

Par A. R. Keba Keba

Passage biblique

« Il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter, afin que je ne m'enorgueillisse point. Trois fois j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi, et il m'a dit : Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi... car, quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. » (2 Corinthiens 12, 7-10)

Texte d'enseignement

Paul cumule en lui presque toutes nos catégories. La chute : il a persécuté l'Église, approuvé le meurtre d'Étienne, « je suis le moindre des apôtres, je ne mérite pas de porter le nom d'apôtre ». Le handicap qui demeure : l'écharde, dont nous ignorons la nature exacte (maladie des yeux ? infirmité ? opposition persécutrice ? tentation tenace ?), et ce silence du texte est une providence : chacun peut y loger son écharde. L'échec apparent : prisons, naufrages, abandons de collaborateurs, églises qui le contestent. Le texte de 2 Corinthiens 12 est d'une honnêteté totale. Paul a prié (trois fois, instamment) pour que l'écharde soit ôtée. La réponse de Dieu est un non qui est un plus : non au retrait de la faiblesse, oui à une grâce qui suffit. Et la justification donnée est renversante : « ma puissance s'accomplit (s'achève, atteint sa perfection) dans la faiblesse. » La faiblesse n'est pas tolérée par la puissance de Dieu : elle est son lieu d'accomplissement. Pourquoi ? Le contexte le dit : Paul avait reçu des révélations extraordinaires ; l'écharde est donnée « afin que je ne m'enorgueillisse point ». La faiblesse permanente est le contrepoids de la grâce extraordinaire, le lest qui empêche le navire de chavirer dans l'orgueil. D'où la conclusion la plus paradoxale du Nouveau Testament : « Je me glorifierai de mes faiblesses. » Paul ne dit pas : je supporte mes faiblesses, je m'en accommode. Il dit : je m'en vante, car elles sont l'endroit exact où « la puissance de Christ repose sur moi » (littéralement : « dresse sa tente sur moi », comme la gloire de Dieu sur le tabernacle). Nos faiblesses sont l'emplacement de la tente de Dieu. Le personnage : le persécuteur devenu démonstration de la patience divine. Paul fait plus que recevoir le pardon : il comprend que son passé même a une fonction dans le plan de Dieu. « J'ai obtenu miséricorde, afin que Jésus-Christ fît voir en moi le premier toute sa longanimité, pour que je servisse d'exemple à ceux qui croiraient en lui. » Autrement dit : si Dieu a pu pardonner et employer celui-là (le blasphémateur, le persécuteur) alors personne n'est hors de portée. Le pire de l'histoire de Paul est devenu le meilleur argument de sa prédication. Et jamais il n'oublie ni ne ressasse : « par la grâce de Dieu je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n'a pas été vaine », la mémoire de la faute est devenue mémoire de la grâce.

Application pour aujourd'hui

Nommez votre écharde : la chose que vous avez demandé à Dieu d'enlever (trois fois, trente fois) et qui est toujours là. Maladie chronique, fragilité psychique, tempérament, situation familiale. Puis laissez trois passages s'opérer en vous, lentement. Du « pourquoi ? » au « pour quoi ? », d'abord : de quoi cette écharde me garde-t-elle, vers quoi me pousse-t-elle ? De la honte à la transparence ensuite : choisissez une personne de confiance à qui en parler sans masque. De la plainte à la doxologie enfin : osez, une fois, remercier Dieu non pour l'écharde elle-même, mais pour la grâce qui s'y accomplit. Et écrivez quelque part, à l'endroit où vous verrez chaque matin : « Ma grâce te suffit. »

Prière

Seigneur, trois fois (et bien plus) je t'ai demandé d'ôter cette écharde, et elle est toujours là. Aujourd'hui je change ma prière : si tu ne l'enlèves pas, alors plante ta tente sur ma faiblesse. Que ta puissance s'accomplisse exactement là où je n'en peux plus. Apprends-moi à dire avec Paul, non du bout des lèvres mais du fond du cœur : ta grâce me suffit, et quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. Amen.